Lever les yeux, et découvrir de nouveaux trésors
Ce récit s'inspire du voyage de Jhon Fredy et Pablo, coopérants de Comundo, dans la région de Boyacá, au centre de la Colombie. Comundo y collabore avec une organisation partenaire – PDP Boyapaz – pour accompagner les processus de développement local et promouvoir des initiatives durables comme l'agritourisme. Les personnes qu'ils ont rencontrées durant leur périple - jeunes, femmes ou petits agriculteurs - leur ont montré comment elles lèvent les yeux à la recherche de nouveaux trésors à même de transformer leur destin. En route !
Les nouveaux chasseurs de trésors
À l'ouest de Boyacá, les « guaqueros » – du mot quechua « guaca », qui signifie lieu sacré ou trésor – ont toujours creusé la terre à la recherche d'émeraudes. Pendant des décennies, les montagnes de Boyacá ont recelé les joyaux verts les plus précieuses au monde, provoquant des milliers de morts pour le contrôle de la région. Cette période est connue sous le nom de « guerre verte »..
Aujourd’hui, une nouvelle génération de « guaqueros » parcourt ces mêmes routes. Ils ne portent pas de pioches, mais des cahiers. Ils ne cherchent pas de pierres, mais des êtres humains. Ce sont les coopérants de Comundo, à la recherche de trésors sociaux bien plus précieux que les émeraudes : les femmes et les hommes qui sont en train de réécrire le destin de cette région.
De la coca au cacao : un cœur qui change
Le voyage commence à Bogotá. Trois heures de bus mènent à Chiquinquirá, siège de Boyapaz, organisation partenaire de Comundo. Puis quatre jours en 4x4 sur des routes sinueuses, vers une région d’une immense beauté encore peu connue.
Après l’ère de la guerre verte, la culture illégale de la coca s’est imposée comme alternative. Le début des années 2000 marque un tournant : le Plan Colombie proposé par le gouvernement national pour le remplacement des cultures illégales. Les habitant·es de la région ont alors choisi le cacao.
C'est le cas de Don Pantaleón, qui vit dans la région. Nous l'avons rencontré en février lors de notre visite et il explique son parcours avec des mots qui sonnent comme de la poésie : « Ils ont arraché la coca de la terre et de nos cœurs, pour planter du cacao, qui unit les cœurs. »
Une tablette de chocolat qui traverse la Colombie
« Kakaoteros » est la marque d’une famille de Pauna qui a su transformer le cacao en opportunité. Ils cultivent et produisent du cacao et du chocolat artisanal, qu’ils vendent dans le village de Pauna et dans la région de Boyacá, à Bogotá, et qu’ils exportent même jusqu’aux États-Unis. Dans une région où les routes sont difficiles, c’est un résultat tout à fait extraordinaire.
Il y a une anecdote que nous souhaitons vous raconter à propos de ce chocolat : il y a quelques mois, l’un de nos coopérants (Pablo Rebetez) a acheté une tablette de chocolat à la Casa de la Paz de Bogotá pour l’offrir à Noël. L’emballage l’avait marqué, l’histoire qui y était décrite l’avait ému. Quelques semaines plus tard, lors de la visite sur le terrain dont nous vous parlons, Pablo est entré dans la petite boutique de la famille à Pauna. Sur les étagères se trouvait cette même tablette. Ce moment a rendu tout cela réel : le parcours de la plante à la table, de la violence à la paix, des difficultés à l’espoir.
Les femmes « berracas » qui sont à l'origine du changement
À la finca « Las Delicias », visitée dans le cadre de ce voyage, nous avons rencontré 11 entrepreneurs. Ou plutôt : entrepreneuses, car la plupart sont des femmes qui se définissent comme « berracas », c'est-à-dire courageuses, tenaces, inébranlables.
Les propriétaires de Las Delicias ont bâti un gîte rural florissant : piscine, pisciculture, arbres fruitiers. Tout ce dont les hôtes ont besoin provient de leur propre production. Mais surtout, elles ont inspiré leurs voisins. L’une produit de la panela (sucre de canne non raffiné), une autre du café, l’un vend des œufs, un autre a construit une station de production d'eau potable. « À partir de petites choses, nous pouvons en faire de grandes », dit la maîtresse de maison.
Nous ne creusons pas pour emporter des trésors, mais pour les faire émerger et briller.
Pablo Rebetez et Jhon Fredy Arias Duque, coopérants de Comundo
Accompagner, ne pas remplacer
En tant que coopérants de Comundo, nous n’arrivons pas avec des solutions toutes faites. Nous écoutons, nous apprenons, nous identifions les potentiels. Nous travaillons à créer des réseaux, à faciliter les échanges, à offrir des conseils. Mais les solutions se construisent avec la communauté locale.
Nous sommes comme des guaqueros modernes : nous ne creusons pas pour emporter des trésors, mais pour les faire émerger et briller.
Ce voyage dans l’ouest de Boyacá a été pour nous un voyage vers l’espoir. Chaque personne rencontrée raconte une histoire de résilience, de choix courageux, d’un avenir qui se construit jour après jour. Les trésors qui émergent, tels que l’écotourisme, la préservation de l’environnement, les produits du terroir, la redécouverte de pratiques ancestrales, sont infiniment plus précieux que les émeraudes : ce sont des vies transformées, des communautés qui renaissent, l’espoir qui devient réalité.
C'est maintenant à vous de jouer : votre contribution peut faire la différence. En soutenant Comundo, vous contribuez à renforcer ces projets, à multiplier ces réussites, à transformer d'autres vies. Car c'est vrai : à partir de petites choses, nous pouvons accomplir de grandes choses. Mais seulement si nous le faisons ensemble.
De Jhon Fredy Arias Duque | 21 avril 2026 | Colombie
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